Rechercher sur le Site

Déclaration de la FNEC FP FO au CTSD carte scolaire du 6 mai 2020
Publié le 6 mai 2020 | SNUDI-FO 27

Monsieur l’Inspecteur d’académie,
Mesdames messieurs les membres du CTSD,

Nous sommes réunis aujourd’hui suite au vote contre à l’unanimité de votre projet de carte scolaire 1er degré pour la rentrée 2020.
Les textes vous contraignent à convoquer un CTSD de repli pour nous présenter une nouvelle version du projet de carte scolaire.

N’ayant reçu aucun document préparatoire, nous sommes très pessimistes quant à la présentation d’une nouvelle version qui intégrerait certaines de nos propositions.
La sagesse aurait voulu que faute de moyens nécessaires, la poursuite des dédoublements de classes en éducation prioritaire soit reportée à 2021.
Une fois de plus, preuve est donnée que le dialogue social n’existe pas, que des décisions irresponsables comme fermer 31 postes de titulaires remplaçants en pleine période de pandémie nous mèneront inévitablement à des situations ingérables et dangereuses.

Notre fédération saura vous le rappeler et faire porter les responsabilités de chacun au moment venu.
Cette carte scolaire aura été menée au pas de charge et se résume à un monologue truffé de fausses vérités à l’image des 36 postes virtuels récupérés sur la baisse démographique, les 31 fermetures de postes de Brigade étant elles, malheureusement bien réelles.
Cette politique du rouleau compresseur s’applique également à la réouverture des écoles le 11 mai prochain.

Après une multitude d’informations données puis contredites, d’injonctions diverses aussitôt remplacées par d’autres, d’un protocole COVID 19 proposé dans sa version définitive 6 jours avant la date de réouverture des écoles, des recommandations inapplicables engageant la responsabilité des élus et des directeurs, des moyens disparates ou inexistants selon les territoires, les conditions de reprise le 11 mai pourraient faire sourire si la situation n’était pas aussi grave.

Alors que les enseignants sont livrés à eux-mêmes, chargés d’organiser quelque chose d’impossible, invités à trouver les solutions auprès des élus de la commune, sans réponses à leurs épineuses questions auprès de leur circonscription, les personnels ont été choqués par les déclaration faites dans la presse par M. l’inspecteur d’académie.

Ainsi, quand M. l’inspecteur d’académie affirme que « Les enseignants sont tenus de reprendre leur poste, le droit de retrait ne peut s’appliquer.  », il semble ignorer que le droit du travail n’a pas été aboli et qu’il a l’obligation de protéger les personnels qui sont sous sa responsabilité.
Prétendre que l’Education nationale serait exclue du champ d’application de la loi du 23 décembre 1982 et du décret du 28 mai 1982 est non seulement mensonger mais aussi une mise en danger des personnels.
En effet, comment M. l’Inspecteur d’académie pouvez-vous prétendre que les personnels ne pourront exercer leur droit de retrait avant d’avoir constaté les conditions réelles de rentrée ? Car le droit de retrait s’applique en cas de « danger grave et imminent » constaté sur le lieu de travail.

Pourquoi, avec Monsieur le préfet, ne déclarez-vous pas dans la presse que vous vous portez vous-mêmes garants que la sécurité sanitaire sera assurée pour tous les élèves et les personnels dès le 11 mai ?
Ce serait de nature à rassurer les personnels et les familles. Mais il y a tout lieu de douter de cela.
Car si la sécurité pour les personnels de l’Education nationale c’est de se conformer au protocole sanitaire de reprise des cours, alors tout le monde est en danger.
En effet, à sa lecture on en vient à penser que les professeurs des collèges, des lycées et des écoles seraient dotés d’une constitution particulière qui les dispense de toute protection !

Dans la mesure où le gouvernement a transféré la responsabilité de la reprise des cours sur les collectivités locales, les maires, les chefs d’établissement et les directeurs d’école, qui ne sont pas des supérieurs hiérarchiques, sans leur permettre d’assurer la sécurité des personnels et des élèves, au lieu de rassurer et d’engager les maires dans le déconfinement, la publication de ce protocole, a eu pour effet de multiplier les décisions de maires avec leur conseil municipal de ne pas ouvrir leur école à partir du 11 mai.

Le président de la région Normandie vient d’annoncer qu’il ne rouvrira pas les lycées avant les grandes vacances. D’ores et déjà, plusieurs dizaines de maires de l’Eure annoncent qu’ils n’ouvriront pas leur école. Tous s’accordent à dire que la volonté de rouvrir les établissements scolaires est prématurée. Et, quoi qu’en disent M. l’Inspecteur d’académie et M. le préfet, les maires n’ont pas obligation d’ouvrir l’école quand cette ouverture présente un danger pour la santé des élèves et des personnels et que leur responsabilité est engagée.

Les personnels de l’Education nationale sont en colère, car ce que révèle le protocole, c’est que les moyens de protection ne pourront pas être fournis en nombre suffisant. Les tests n’auront pas lieu. La sécurité des enfants et des personnels ne pourra pas être garantie. Ils refusent de mettre leur vie, celle de leurs enfants et de leurs proches en péril pour servir de garderie au MEDEF !

Pour FO, il n’y a aucune urgence, ni pédagogique, ni sanitaire, à reprendre le 11 mai, le 18 mai et même début juin.

Les syndicats de la fédération FO de l’enseignement de l’Eure rappellent que les personnels ont des droits et ils ont l’intention de les faire valoir.

La fédération FO de l’enseignement de l’Eure rappelle que le Directeur académique ferait mieux d’assumer son devoir de protéger ses agents en matière de santé et de sécurité au lieu de fermer des classes et des postes pendant la crise sanitaire.

La fédération FO de l’enseignement de l’Eure soutiendra tous les personnels qui refuseront de retourner sur leur lieu de travail par tous les moyens (droit de retrait, grève). La FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève au plan national qui couvre toutes les initiatives des collègues.

cale




SPIP 3.2.7 [24473] habillé par le Snudi Fo