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Communiqué de la FNEC FP FO 27 sur la rentrée du 11 mai
Publié le 5 mai 2020 | SNUDI-FO 27

A quelques jours de la date prévue pour la réouverture des écoles, tout se passe comme si M. l’inspecteur d’académie et M. le préfet voulaient faire croire aux enseignants qu’ils n’ont plus de droits.

Quand M. l’Inspecteur d’académie affirme dans la presse que « Les enseignants sont tenus de reprendre leur poste, le droit de retrait ne peut s’appliquer.  », il semble ignorer que le droit du travail n’a pas été aboli et qu’il a l’obligation de protéger les personnels qui sont sous sa responsabilité.

Prétendre que l’Education nationale serait exclue du champ d’application de la loi du 23 décembre 1982 et du décret du 28 mai 1982 est non seulement mensonger mais aussi une mise en danger des personnels.

En effet, comment M. l’Inspecteur d’académie peut-il prétendre que les personnels ne pourront exercer leur droit de retrait avant d’avoir constaté les conditions réelles de rentrée ? Car le droit de retrait s’applique en cas de « danger grave et imminent » constaté sur le lieu de travail.

Comment peut-il affirmer cela, alors que personne n’est en mesure de garantir que les personnels et les élèves disposeront de masques en nombre suffisant ?
Comment affirmer cela quand les maires refusent d’ouvrir leur école faute de pouvoir fournir ces garanties ?
La situation épidémiologique ne présenterait donc aucun risque pour les personnels ni les élèves ?
25 000 morts ne constituent pas 25 000 preuves suffisantes qu’il y a danger pour la vie des personnels et des élèves ?
Pourquoi M. l’Inspecteur d’académie et M. le préfet ne déclarent-ils pas dans la presse qu’ils se portent eux-mêmes garants que la sécurité sanitaire sera assurée pour tous les élèves et les personnels dès le 11 mai ?

Ce serait de nature à rassurer les personnels et les familles. Mais il y a tout lieu de douter de cela.

Car si la sécurité pour les personnels de l’Education nationale c’est de se conformer au protocole sanitaire de reprise des cours, alors tout le monde est en danger.
En effet, à sa lecture on en vient à penser que les professeurs des collèges, des lycées et des écoles seraient dotés d’une constitution particulière qui les dispense de toute protection !

Trop forts les profs !

D’après ce protocole, les enseignants ne sont pas gens ordinaires. On le savait déjà, mais le ministère vient de le confirmer. Les professeurs peuvent se réunir avec 15 élèves dans une salle alors que sont interdits, même à l’extérieur, les rassemblements à plus de 10 personnes !
C’est sans doute pour cela que M. L’inspecteur d’académie s’autorise à penser que la loi ne s’applique pas à eux.

Selon ce protocole élaboré par le ministère, les enseignants n’ont besoin de masques qu’à l’entrée en classe ! Une fois dans la salle avec les 15 élèves, sans doute asymptomatiques, ils ont le pouvoir de repousser toute attaque virale en faisant cours sans masque ! Trop forts les profs !

Pas besoin de tests de dépistage non plus pour les personnels, ce n’est pas prévu. Le ministère partirait-il du principe que tous les personnels des collèges et des lycées sont immunisés et que ce serait inutile de leur en faire bénéficier ?

Selon lui, les personnels de l’éducation nationale sont également bien plus immunisés que ceux des autres pays européens puisqu’en Espagne, en Italie ou en Angleterre, le nombre de décès ne diminuant pas plus qu’en France, la rentrée est pourtant reportée au mois de septembre.

Autre découverte scientifique de ce protocole sanitaire de déconfinement, les enfants d’enseignants sont particulièrement résistants au COVID 19 puisque le dispositif ministériel prévoit qu’ils seront scolarisés prioritairement pour que leurs parents puissent aller affronter le virus dans leur établissement. Parents et enfants seront donc doublement exposés. Les enseignants sont placés en première ligne face au COVID, et ce que l’on ne savait pas, c’est que leurs enfants allaient les accompagner au front. C’est sûr, nous sommes guidés par de grands stratèges !

Dans la mesure où le gouvernement a transféré la responsabilité de la reprise des cours sur les collectivités locales, les maires, les chefs d’établissement et les directeurs d’école, qui ne sont pas des supérieurs hiérarchiques, sans leur permettre d’assurer la sécurité des personnels et des élèves, au lieu de rassurer et d’engager les maires dans le déconfinement, la publication de ce protocole, a eu pour effet de multiplier les décisions de maires avec leur conseil municipal de ne pas ouvrir leur école à partir du 11 mai.

Le président de la région Normandie vient d’annoncer qu’il ne rouvrira pas les lycées avant les grandes vacances. D’ores et déjà, plusieurs dizaines de maires de l’Eure (Fleury sur Andelle, Terres de Bord, Orvaux, St Eloi de Fourques, …) annoncent qu’ils n’ouvriront pas leur école. Tous s’accordent à dire que la volonté de rouvrir les établissements scolaires est prématurée. Et, quoi qu’en disent M. l’Inspecteur d’académie et M. le préfet, les maires n’ont pas obligation d’ouvrir l’école quand cette ouverture présente un danger pour la santé des élèves et des personnels et que leur responsabilité est engagée.

Les personnels de l’Education nationale sont en colère, car ce que révèle le protocole, c’est que les moyens de protection ne pourront pas être fournis en nombre suffisant. Les tests n’auront pas lieu. La sécurité des enfants et des personnels ne pourra pas être garantie. Les personnels en ont assez de pallier l’incurie de ce gouvernement qui a engagé, à marche forcée, une rentrée impréparée, dangereuse et irresponsable.

Ils refusent de mettre leur vie, celle de leurs enfants et de leurs proches en péril pour servir de garderie au MEDEF ! Pour preuve, les personnels sociaux ne sont même pas nommés dans le protocole alors que la protection des enfants est le motif officiel de reprise des cours.

Pour FO, il n’y a aucune urgence, ni pédagogique, ni sanitaire, à reprendre le 11 mai, le 18 mai et même début juin.

Les syndicats de la fédération FO de l’enseignement de l’Eure rappellent que les personnels ont des droits et ils ont l’intention de les faire valoir.

La fédération FO de l’enseignement de l’Eure rappelle que le Directeur académique ferait mieux d’assumer son devoir de protéger ses agents en matière de santé et de sécurité au lieu de fermer des classes et des postes pendant la crise sanitaire.

La fédération FO de l’enseignement de l’Eure soutiendra tous les personnels qui refuseront de retourner sur leur lieu de travail par tous les moyens (droit de retrait, grève). La FNEC FP-FO a déposé un préavis de grève au plan national qui couvre toutes les initiatives des collègues.

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