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CDEN 26 11 2O21 : Déclaration et voeux
Publié le 1er décembre 2021 | SNUDI-FO 27

Déclaration de la FNEC FP FO au Conseil Départemental de l’Education National de l’Eure du vendredi 26 novembre 2021

Madame l’inspectrice d’académie, mesdames et messieurs les membres du CDEN de l’Eure,

Cette réunion du CDEN est consacrée au bilan de la rentrée 2021 dans les collèges et les écoles de l’Eure.
Deux ans après le début de cette pandémie, quel constat peut-on dresser dans les collèges, les SEGPA, les ULIS et les écoles de l’Eure ? Les conditions d’enseignement des personnels et des élèves ont-elles été améliorées ? Les effectifs par classe ont-ils baissé ? La sécurité des élèves et des personnels a-t-elle été améliorée ? Les leçons ont-elles été tirées de cette crise sanitaire pour améliorer la protection et la prévention de leur santé ? La réponse est malheureusement non.

Pour ce qui concerne le second degré, avec 106 élèves de plus à la rentrée 2020, 6 postes ont été supprimés dans les collèges de l’Eure. Pour 6 élèves de moins à la rentrée 2021, la balance des postes est à nouveau négative à hauteur de 6 postes. On pourrait ajouter à ces 12 postes en moins les 10 autres supprimés à la rentrée 2019, soit 22 postes en moins en trois ans pour un effectif départemental en hausse sur la même période.
Les effectifs par classe n’ont donc pas diminué et les conditions d’enseignement à 29 et 30 élèves sont devenues la norme.
A cela il faut ajouter l’intégration forcée dans ces classes d’élèves qui relèvent d’ULIS, de SEGPA, d’IME ou d’ITEP. L’école inclusive est l’affaire de tous mais dans de telles conditions elle est maltraitante pour les élèves en situation de handicap, pour les autres élèves, pour les AESH qui en ont la charge et qui sont, comme les enseignants, souvent démunis car ils n’ont pas les clés pour répondre correctement aux besoins de ces élèves. C’est pourquoi FO n’accepte pas que cette inclusion scolaire se fasse sans moyen occasionnant ainsi la liquidation des structures et des postes spécialisés. FO demande que les élèves qui relèvent d’IME ou d’ITEP puissent être pris en charge dans les structures spécialisées et adaptées (IME,ITEP, …) et que les places nécessaires pour les accueillir soit créées d’urgence.
FO demande qu’en ULIS les élèves soient également pris en charge par des collègues de l’enseignement spécialisé et que l’effectif d’élèves d’ULIS ne dépasse pas 10 par classe.
Mme l’inspectrice d’académie, nous avons pu constater que ce dossier vous tient particulièrement à cœur et vous nous avez dit que vous souhaitez faire évoluer la situation. Nous souhaiterions connaître vos projets dans ce domaine.
Car dans ce contexte difficile, nous constatons que les PIAL, en mutualisant au maximum ces personnels sous-payés, crée des situations insupportable pour les AESH déplacés au gré des urgences, et au mépris de la continuité du travail engagé par eux auprès des élèves . Les PIAL sont en réalité des zones franches où les droits sont piétinés et les obligations de service modifiées au gré des changements d’organisation du PIAL. FO demande qu’aucun AESH ne se voit imposer une quotité de service inférieure à 24 h, qu’il soit rémunéré à 100% pour un service de 24h et que l’organisation en PIAL soit abandonnée.

Le bilan est le même du côté des personnels sociaux et de santé. Aucune création de poste d’infirmière ni d’assistante sociale. Si bien que de nombreux postes ne sont pas pourvus et que des collèges sont sans infirmière ni assistante sociale car les congés maternité et les arrêts maladie ne sont pas remplacés. Comment s’étonner que ces personnels soient épuisés ou en arrêt quelques mois seulement après la rentrée ?

Même situation pour les personnels administratifs. Que ce soit à la DSDEN 27 ou au rectorat, aucune création de poste, une charge de travail accrue du fait de la fusion des académies et des services, des personnels exposés à la colère des personnels mécontents de leur affectation suite à la disparition des commissions paritaires.

Depuis le début du confinement, le ministre nous berce de jolis mots. Il salue l’engagement des personnels pendant la crise sanitaire mais il finance son « Grenelle » par les budgets non consommés en 2020 et refuse d’augmenter les traitements des personnels.
C’est la même logique d’économies budgétaires qui consiste à poursuivre les réformes structurelles pour financer le coût de la crise sanitaire par la réduction des services publics. C’est toujours la même logique qui consiste à distribuer des miettes à quelques uns au lieu d’augmenter la valeur du point d’indice pour tous. La FNECFPFO demande qu’il soit augmenté de 21 % pour pouvoir simplement rattraper les pertes subies depuis 2000.

La FNECFPFO demande la création des postes nécessaires pour diminuer les effectifs par classe et ainsi permettre d’améliorer les conditions sanitaires et d’aider les élèves qui ont été privés d’une partie des heures de cours. Cette année des milliers d’heures de cours sont de nouveau perdues, non pas du fait d’un confinement mais faute de pouvoir trouver aussi bien des enseignants titulaires que des remplaçants. Malgré cela, les suppressions de postes ont continué à la rentrée 2021 et le ministre prévoit 500 nouvelles suppressions pour la rentrée prochaine.
Même les collèges qui ne perdaient pas d’élèves ont perdu des moyens à cette rentrée si bien que davantage d’enseignants sont en service partagés. Ils doivent également travailler davantage car tous les moyens sont bons pour leur imposer 2 HSA voire plus. Le taux d’HSA dans les DHG est de 9,33% dans les collèges du département, ce qui est considérable. Comme si les collègues n’étaient pas assez épuisés, le ministre vient de faire passer un décret permettant d’attribuer des HSA aux collègues à temps partiel, au mépris de ce droit. Pour le ministre, d’une part, il s’agit, de masquer la pénurie d’enseignants qu’il crée en continuant à supprimer des postes. Pour cela, il choisit de faire travailler plus ceux qui avaient fait le choix de réduire leur quotité de service. Dans le même temps, il tente de dissimuler que les salaires des personnels ont depuis longtemps décroché du coût de la vie. Autrement dit, il augmente les horaires mais pas les salaires.

Concernant plus spécifiquement le premier degré, ce CDEN abordera l’organisation des rythmes scolaires de plusieurs écoles de l’Eure. La FNEC FP-FO rappelle que le fonctionnement de l’Éducation nationale ne saurait être défini ni au niveau académique, ni au niveau municipal !
Le SNUDI FO 27 et sa fédération, n’ont pas varié. Ils revendiquent l’abrogation de la Loi Peillon de refondation de l’école et ses rythmes scolaires qui visent à territorialiser l’école au travers du PEDT !
Nous demandons donc 4 jours pour tous, sur 36 semaines, avec un retour à un calendrier national.

Dans le 1er degré, trois mois après la rentrée, le constat confirme malheureusement ce que nous annoncions lors de la dernière carte scolaire :
− La poursuite des dédoublements de classes de grande section, CP et CE1 en éducation prioritaire à moyens constants se traduit encore par une augmentation des effectifs dans les autres classes (PS, MS, CE2, CM1, CM2)
De nombreuses écoles hors éducation prioritaire n’ont pu obtenir d’ouverture de classe malgré des effectifs égalant quasiment, à 1 ou 2 élèves près, les seuils fixés par l’administration elle-même.
La création de postes de CPC dédiés au « pilotage académique », soit en d’autres termes la mise en place d’un management à la France Télécom au travers de l’accompagnement issu du PPCR et de ses formations dites en « constellation » visant à uniformiser les pratiques pédagogiques, s’est faite au détriment de postes devant élèves.
Sur les RASED, rappelons que 8 postes ont été détournés lors de la carte scolaire 2020 et n’ont jamais été restitués. On comprend mieux cette stratégie depuis la parution du rapport de l’inspection générale sur les RASED qui prévoit d’adapter leurs missions à l’école inclusive en transformant les RASED en pôle ressources et les maîtres spécialisés E et G en conseillers experts auprès de leurs collègues enseignants.
− Enfin et bien entendu, persiste le très gros problème du remplacement avec une situation qui se dégrade d’années en années, la brigade de remplacement étant systématiquement utilisée comme variable d’ajustement. - 31 postes en 2020, + 9 postes en 2021 soit – 22 postes depuis la période de pandémie !
− Depuis maintenant un an, le choix de faire appel à des personnels contractuels en lieu et place de l’utilisation de la liste complémentaire  ou du recrutement de professeurs titulaires et formés impose à ces collègues une précarité et des conditions de travail insupportables : éloignement de leur lieu de travail, absence de formation, pression hiérarchique, gestion RH catastrophique.

La FNEC FP FO s’oppose à cette pratique inacceptable pour ces personnels comme pour les élèves et vous demande, Madame l’Inspectrice d’académie, de recourir en urgence à l’emploi de professeurs stagiaires par l’ouverture de la liste complémentaire au CRPE.
Ce dont a besoin notre département, c’est de postes et de personnels sous statut et formés pour un métier auquel il faut rendre toute son attractivité !

C’est aussi dans ce contexte qu’avec son Grenelle, le ministre Blanquer entend s’en prendre au fonctionnement des écoles en instaurant un « management » digne des entreprises privées : RH de proximité, évaluation d’écoles (auto-évaluation et évaluation externe), part variable en REP+, plus de 250 postes à profil au mouvement interdépartemental…
La FNEC FP-FO revendique l’abandon de tout dispositif visant à territorialiser l’école (loi Rilhac, expérimentation Macron à Marseille) et s’oppose à toutes les contre-réformes et les remises en cause statutaires.

Comme si la solution devait venir des personnels, comme s’ils étaient responsables des dysfonctionnements auxquels ils doivent faire face quotidiennement, on tente aussi de leur imposer l’auto-évaluation et le contrat d’objectifs. A la clé, c’est l’épuisement professionnel et les arrêts maladie qui menacent les collègues. Les services du rectorat s’en alarment. Jamais ils n’ont vu autant de congés de longue maladie et de longue durée, ni autant de personnels en souffrance.
Pour Force Ouvrière, la santé des personnels est en danger, pas seulement à cause de l’épidémie mais aussi à cause des conditions d’enseignement que l’inspection académique, le rectorat et le ministère veulent imposer.

La FNECFP FO soutiendra toutes les initiatives pour la défense des postes, des classes, pour les créations de tous les postes nécessaires, pour le réemploi et la titularisation de tous les contractuels, pour l’augmentation des salaires et la défense des diplômes et horaires nationaux.

Vœu 1

Le CDEN de l’Eure réuni le 26 novembre 2021 demande à Madame l’Inspectrice d’académie et à Madame la Rectrice de recruter les candidats sur la liste complémentaire du CRPE de Haute Normandie pour pourvoir les postes vacants et les postes nécessaires au bon fonctionnement dans les écoles de l’Eure. 

POUR : 14 / CONTRE : 6

Vœu 2

Le CDEN de l’Eure réuni le 26 novembre 2021 constate qu’en raison de la mutualisation les AESH se voient imposer de plus en plus d’élèves sans augmentation de salaire. Le CDEN demande que les AESH soient à temps plein à 24h et rémunérés à 100 % et non à 60%.

POUR : 15 / CONTRE : 5

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